lundi 7 avril 2008

Navid Kermani et les nouveaux centres urbains


L'essayiste allemand Navid Kermani décrit le quartier cosmopolite d'Eigelstein, à Cologne, situé tout près de la gare. "Quatre grands bars, situés aux limites du quartier, permettent, en quelque sorte, de rapprocher les peuples. Les prostituées les plus laides du monde trinquent avec de gros Allemands ou des Turcs saouls. Ce sont les nouveaux centres-villes et, dans le quartier d'Eigelstein, on ressent beaucoup moins d'agressivité que dans d'autres quartiers, ce qui lui donne même un caractère idyllique indéfinissable. (...) On a l'impression que les personnes cherchent à redonner au terme latin 'colonia' son sens originel : ils se comportent comme des colonies étrangères les unes par rapport aux autres, comme celles que l'on trouve dans les cafés Internet, assises devant les ordinateurs, ou devant les taxiphones. (...) Il ne s'agit pas de sociétés marginalisées car elles s'aventurent également hors des centres-villes. Les limites de la ville donnent une impression d'homogénéité et sont soumises à des différences sociales. Dans le centre, tout est mélangé."
Neue Zürcher Zeitung

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